Marjorie et Christophe : la permaculture, une voie vers une nouvelle société (1/4)

Marjorie et Christophe ont pris conscience de l’accélération de la dégradation écologique de notre planète. Poussés et questionnés par leur fils Léo, ils se sont documentés sur la théorie de l’effondrement. Ils ont choisi de passer à l’action en démarrant leur projet de permaculture. Un projet d’inclusion familiale, sociale, qui va bien au-delà du bonheur de cultiver son potager. Une philosophie qui impacte toutes les sphères de leur vie personnelle, professionnelle, sociale, et qui pourrait bien influencer nos solutions pour construire une nouvelle société. Rencontre avec une famille qui a décidé d’agir.

Qu’est-ce que la permaculture ?

Entrée en matière les mains dans la terre

J’ai participé cet hiver au premier chantier collectif de permaculture de Marjorie et Christophe. Je me souviens de ce samedi matin 14 décembre 2019 où je me suis levée à 7h30 pour être à l’heure à Camphin-en-Pévèle, un exploit tout à fait remarquable pour moi. Mon mari n’en croit pas ses oreilles lorsque la veille, en me couchant, je lui avoue à quelle heure je mets mon réveil et pour faire quoi, moi la citadine qui n’y connaît rien en verdure. 

Vous voyez, j’ai vraiment participé à un chantier de permaculture à la campagne !

A l’arrivée, accueil avec un thé chaud accompagné d’un petit gâteau fait maison. C’est parti pour une matinée au grand air. Je suis finalement un peu excitée. Je ne suis pas une pro de l’entretien du jardin, j’aime y prendre l’air mais je mets rarement les mains dans la terre. Pourtant je sais que ça fait du bien. Je suis certaine que je vais apprendre des choses. Je retrouve une amie, Véronique, sinon je ne connais personne. Louis Gavériaux, fondateur de l’entreprise ArbraCulture, s’avance sur la pelouse et nous expose le programme : aujourd’hui, nous plantons la haie de baies et nous formons la butte des arbres fruitiers. Il fait froid, il pleut par intermittence et je n’ai pas du tout le look de l’emploi. Mais bon, au boulot !

Louis Gavériaux d’ArbraCulture, la nature et l’homme

En discutant ce matin-là avec Véronique (oui parce que c’est pas parce qu’on a les mains dans la terre qu’on ne peut pas parler un peu) convertie depuis quelque temps déjà à la permaculture, je réalise que ce concept ne se réduit pas à planter des fruits et des légumes au fond de son jardin. C’est une vraie philosophie de vie qui amène à se questionner sur son rapport à la nature et à l’écologie. 

On sent le cassis…

Cela faisait un certain temps que je voulais trouver des actions pour illustrer concrètement les oasis de convivialité dont parle Edgar Morin. Le projet dans lequel Marjorie et Christophe se sont lancés en famille est une véritable oasis de convivialité. Ils sont OK pour passer à la moulinette de CRAZY! J’ai rendez-vous un soir chez eux, au début du mois de mars. Je suis impatiente d’en savoir plus. Nous sommes le 11 mars 2020, c’est le début de la crise du corona virus. Nous ne savons pas encore ce qui nous attend. Cet entretien prend encore plus de sens au moment où que je le rédige. 

Alors que Marjorie et Christophe ont le même objectif, ils ne sont pas dans la même dynamique. Marjorie laisse pousser le questionnement. Elle regarde là où cela l’amène pour repartir dans une autre direction après avoir mis un peu d’engrais et bien arrosé. J’imagine sa tête comme une forêt d’arbres qui s’enlacent. Christophe est beaucoup plus pragmatique. Il avance dans ce projet pas à pas de manière très cartésienne. Son constat : notre empreinte écologique a un impact négatif, on va droit dans le mur, alors on se relève les manches et on agit. 

Qu’est-ce que la permaculture ?

Marjorie – Je suis en train d’expérimenter ce que c’est. Je ne suis pas spécialiste, mais j’ai compris qu’il s’agit d’une philosophie qui harmonise la nature et l’humain dans le partage. Cette philosophie s’appuie sur douze principes tels que intégrer, rassembler, utiliser la diversité. On peut la décliner dans tous les domaines de la vie. Permaculture ne signifie pas autonomie alimentaire. On peut faire de la permaculture sur son balcon. Permaculture signifie s’engager à remettre du vivant dans la terre. Permaculture signifie aussi que rien n’est définitif, que tout est évolutif, qu’il faut faire avec (avec les ressources que l’on a, ce que donne la nature, les intempéries…) et l’accepter. 

On peut tout à fait « permaculturer » les êtres humains sur le principe suivant : mailler les individus pour que chacun puisse pousser en bonne harmonie les uns avec les autres. 

Et sachant cela, j’ai l’impression que dans mon cheminement tant personnel que professionnel je fais de la permaculture depuis longtemps. Je rassemble, je fais avec, je prends soin de moi pour prendre soin de l’autre et de son environnement. Même si je pars de très loin, ce “retour” ou plutôt cette “venue” à la terre est pour moi une évidence. 

Christophe – De mon côté, je n’ai pas retenu tous les principes. Mais je suis plus pragmatique. On va d’abord l’appliquer à la terre et puis on enchaînera avec le reste, le moment venu. Une chose à la fois. Le chemin n’est pas tout tracé, il n’y a pas de plan à 5 ans. On va avancer dans la bienveillance. 

Pour en savoir plus sur la permaculture

Fermes d’avenir : agroécologie et permaculture

ça y est, j’ai compris ce qu’est la permaculture !

RDV le 2 juin pour la suite de l’article ! Abonnez-vous au blog et à la page Facebook pour être informés 👇

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