Les Tisseurs d’Oz : oser agir ça donne des ailes (1/4)

CITOYENS, OSEZ LE COLLECTIF ! – la naissance d’un collectif 

Les Tisseurs d’Oz sont un collectif qui oeuvre à Lezennes dans le Nord, près de Lille. Portés par l’élan d’espoir insufflé par le film Demain, ils ont décidé d’agir pour un mieux-vivre ensemble dans leur petite ville de 3000 habitants. Depuis 4 ans, et grâce à l’intelligence collective, les Tisseurs d’Oz réussissent à embarquer d’autres habitants dans une multitude d’actions choisies et menées par les habitants eux-mêmes. Le secret ? La confiance mutuelle, ne rien attendre et accueillir toutes les formes d’engagement au moment où elles se présentent et laisser l’espace pour que chacun trouve sa place et fasse preuve d’initiatives. 

Cette fois-ci, j’illustre le concept des oasis de convivialité d’Edgar Morin avec le collectif de citoyens les Tisseurs d’Oz. Après avoir exploré la permaculture comme solution pour construire une nouvelle société, je m’engage sur les chemins de la souveraineté citoyenne. Et vous verrez qu’il existe un lien avec la permaculture, philosophie qui harmonise la nature et l’humain dans le partage. En effet, il est tout à fait possible de  « permaculturer » les êtres humains sur le principe suivant : mailler les individus pour que chacun puisse pousser en bonne harmonie les uns avec les autres, et c’est un des principes fondateurs des Tisseurs d’Oz.

J’ai lu cet été l’essai d’Edgar Morin « Changeons de voie » parue en juin 2020. Il y développe la nécessité de réformer la démocratie : «  La démocratie participative, faite pour retrouver la vitalité citoyenne, ne peut susciter spontanément des citoyens actifs et bien informés. Elle nécessite un temps d’enracinement et d’apprentissage. Son implantation revitalisera à la base, où fermentent tant de bonnes volontés sous-employées, l’esprit civique de communauté, de solidarité et de responsabilité. »  

Je suis allée à la rencontre de 5 femmes qui ont insufflé un élan d’Agir ensemble, A partir d’une simple envie, elles ont su fédérer et concrétiser. Elles ont expérimenté la puissance du collectif à la taille d’une commune. Je sais qu’elles étaient dans une énergie très spontanée et de plaisir de faire, mais je pense que leur action est une illustration de la revitalisation dont parle Edgar Morin. 

Qu’est-ce qui relie les habitants d’une même ville ? A priori pas grand chose à part le fait d’habiter la même ville. Je vais découvrir au fur et à mesure que je les écoute que ce précieux lien n’est autre que l’envie d’être utile et que ça donne un sens à sa vie.

Je rejoins le petit groupe chez Marie-Laure, dans son jardin. Je vais apprendre que la maison de Marie-Laure est l’épicentre des Tisseurs, c’est là que tout a commencé. C’est vrai qu’on ressent tout de suite que cette maison est faite pour accueillir, la pièce à vivre s’ouvre sur le jardin, la cheminée attend patiemment l’automne pour réchauffer les soirées, les grands et profonds canapés sont prêts à accueillir les joyeux lurons pour partager une bière, rire et écouter de la musique.

Il fait bon, la soirée est chaude, les jours sont encore longs. C’est le début de l’été. Deux ont déménagé et sont présentes en viso-conférence, l’occasion de retrouvailles et d’échanges de rapides nouvelles. Elles vont parler d’une même voix, car elles ne sont pas là pour parler d’elles mais du collectif. Je les écoute se souvenir avec émotion et enthousiasme de la folie des débuts des Tisseurs d’Oz.

Une envie partagée, celle d’agir ensemble

Tout a démarré par l’envie d’agir ensemble. Nous nous sommes toutes retrouvées à Lezennes par les hasards de la vie, nos enfants avaient quitté la « petite école », nous avions besoin de tisser des liens. 

Certaines avaient vu le film Demain et se trouvaient portées par un irrésistible élan de passage à l’action. Une autre était dans sa période « j’ose ». D’autres encore parlaient de faire quelque chose ensemble à chaque fois qu’elles se croisaient à la bibliothèque ou à la boulangerie. Une dernière se questionnait quant au score élevé du Rassemblement National aux dernières élections européennes : de quoi les Lezennois avaient-ils peur ? Elles se sont demandé ce qu’elles pouvaient faire à leur niveau. 

Décision est prise de se retrouver un après-midi chez Marie-Laure, pour prendre un thé entre copines, passer un bon moment et commencer à exprimer chacune ses envies. Car à ce moment-là, il s’agit d’une énergie toute féminine d’agir pour le vivre-ensemble dans notre ville. 

Les soirées s’enchaînent dans l’enthousiasme des débuts. Le constat est le suivant : il existe à Lezennes un grand nombre de réseaux et de groupes de personnes, c’est une ville où l’on ressent beaucoup d’énergie. Au sein de notre groupe, nous sommes très aidants les uns envers les autres, comment dépasser cet entre-soi pour s’aider plus globalement entre habitants ? Enfin, nous avons toutes un travail et voulons maîtriser l’intensité de notre engagement sans contrainte.

C’est bien d’échanger des idées, mais il arrive un moment où il faut concrétiser par l’action. Alors nous prenons date, le 1er mai 2016, pour organiser un forum auquel nous convierons tous les habitants de la ville pour échanger avec eux. On sait que c’est complètement fou, que nous n’avons pour l’instant rien à proposer, mais nous sommes poussées par une force irrésistible.

Tout ce qui n’a pas de nom n’existe pas

Nous refaisons quelques soirées pour trouver un nom. Cette fois-ci, nous convions des amis. Nous voulons que le nom de notre collectif fasse référence à notre volonté de tisser du lien, d’être audacieux et de construire. « Les bâtisseurs d’ose », sont devenus « les Tisseurs d’ose ». Cela nous a fait penser au magicien d’Oz, et ça s’est terminé par « les Tisseurs d’Oz ». Le « z » pour le « z » de Lezennes. Une amie nous propose de dessiner le logo. 

Les hommes peu présents au début sont motivés par la convivialité et la joie de se retrouver. Nous ressentons lors de chacune de ces soirées toute la folie et l’énergie de la création en action, et comme ça fait du bien. 

Communiquer pour donner envie de venir au Forum

Il faut interroger pour donner envie de venir chercher la réponse. Nous imaginons donc un teasing d’enfer. Nous fabriquons des centaines d’étiquettes plastifiées sur lesquelles nous écrivons les mots clés « oser », « tisser », « et vous ? » … Une semaine avant la braderie de Lezennes où nous avons pris un stand, nous les accrochons dans toute la ville à l’aide de fils de laine recyclée. 

Les gens se sont posé beaucoup de questions, certains se sont demandé si une secte ne s’installait pas en ville. Des enfants ont même fait la collection d’étiquettes et sont allés au bureau de tabac pour demander ce qu’ils avaient gagné en échange. 

La braderie se passe en discutant avec les habitants et offrant des gâteaux, nous distribuons des flyers pour inviter tout le monde au Forum et le 1er mai arrive. 

A suivre demain, Les Tisseurs d’Oz : oser agir ça donne des ailes (2/4) – Les premiers pas d’un collectif citoyen

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