ArbraCulture : être un acteur du changement et de la transition vers une nouvelle société (2/4)

ArbraCulture est une entreprise régénératrice et militante qui a pour mission de reconnecter l’Homme à la nature par la permaculture. ArbraCulture est co-dirigée par Louis Gavériaux et Thomas Guermonprez, deux hommes engagés et passionnés qui ont l’ambition de devenir un acteur fédérateur de la permaculture dans les Hauts de France. Ils nous expliquent comment la permaculture est une solution pour repenser notre relation à la nature et au partage des ressources et des connaissances. 

Je continue mon exploration de solutions pour construire une nouvelle société. Après avoir découvert le projet en permaculture de la famille de Marjorie et Christophe (cf. série La permaculture, une voie vers une nouvelle société des Chroniques du monde d’après), je me suis intéressée à ArbraCulture, l’entreprise qui les accompagne. ArbraCulture est une toute jeune entreprise fondée par Louis Gavériaux, lui aussi tout jeune puisqu’il n’a que 25 ans. Il s’est associé avec Thomas Guermonprez, de 33 ans son aîné.

Ce sont deux étoiles qui se sont percutées pour fabriquer un soleil bouillonnant d’énergie. Tous les deux militants à leur manière, ils ont des personnalités très complémentaires. Louis a la fougue de la jeunesse. Sur un chantier, il est ferme et précis dans ses gestes, à l’écoute, dispensant un conseil à chacun. Thomas a la sagesse de celui qui a déjà vécu une première vie. Il a su garder l’âme de l’enfant qui s’émerveille d’être enfin heureux. Il s’épanouit dans la transmission à Louis de ses compétences précédemment acquises. 

Louis et Thomas sont accompagnés par Benjamin Degroote, le troisième associé d’ArbraCulture, sur les aspects stratégiques. Ce que je trouve intéressant, c’est qu’ils réussissent à nous démontrer que : 

1/ une entreprise peut allier sens et performance ;

2/ ArbraCulture propose de vraies solutions pour entrer dans la transition écologique ; 

3/ ArbraCulture est une entreprise optimiste qui change l’avenir.

J’ai rencontré Louis et Thomas dans la maison de Louis, nichée au creux du village d’Ascq, derrière la voie ferrée. Son petit jardin est un vrai laboratoire. J’y ai découvert l’idée du parasol naturel, j’ai mangé des feuilles de capucine, j’ai appris ce qu’est un potager d’ombre. J’ai vu le liseron capable de pousser entre le béton camoufler une poutrelle en fer. J’ai compris qu’il fallait observer d’où vient la lumière et comment ruisselle l’eau. Et surtout, je suis repartie avec un cadeau odorant : une pousse de sauge que je me suis empressée de replanter. Vous seriez étonnés de toutes les choses extraordinaires que l’on peut faire dans un petit jardin (50 m²).  

Thomas, 59 ans et l’émerveillement d’une nouvelle vie qui commence

Une vie bien sur les rails

Passionné par l’actualité, Thomas passe un bac ES (économique et social). Il suit un copain au concours de l’IESEG à Lille et il est reçu. Il ne se pose pas trop de questions à l’époque, il est sur les rails. Et puis ses parents sont rassurés de voir leur fils intégrer une grande école d’économie, gestion et commerce. Diplôme IESEG en poche, il part faire son service militaire à l’Etablissement Cinématographique et de Photographiques des Armées (ECPA). Thomas s’installe à Paris avec sa compagne rencontrée à l’IESEG et commence à chercher du travail.

Il intègre une première compagnie d’assurances au poste de statisticien et devient un grand spécialiste du tableau de bord. Puis, la société décide de se lancer dans une démarche qualité. En entrant dans le costume du Monsieur Qualité de l’entreprise, Thomas découvre le pouvoir de l’intelligence collective et se révèle dans le travail en mode projet et collaboratif. Lancé sur sa trajectoire, Thomas est embauché dans une nouvelle compagnie d’assurance comme Responsable Qualité-Audit. Ce poste basé dans le Nord à Roubaix, lui permet de revenir sur sa terre natale. Il restera près de 30 ans dans cette compagnie d’assurances, racheté par un grand groupe international, au sein de laquelle il s’élèvera pour être finalement nommé Directeur de la formation et de l’organisation. Mais à quel prix. Thomas fait presque 5 allers-retours par semaine entre Lille et Paris, il vit sur les rails, c’est un « cadre dynamique » selon l’expression consacrée. Engagé, Thomas ne compte pas ses heures, il a toujours 1000 idées et répond à chaque fois présent lorsqu’un nouveau projet se présente quand ce n’est pas lui qui en est à l’origine. Mais un week-end sur deux, lorsque la pression se relâche, il est malade, il est pris de vomissements et reste alité sujet à de terribles migraines. Et comme par miracle, le lundi matin, Thomas va bien et repart prendre son train. La machine à travailler se remet implacablement en marche.

 

Burn-out : le train de la vie s’arrête net

En 2015, alors que Thomas fait un malaise en pleine réunion. Il est transporté d’urgence à l’hôpital où on lui détecte une tension beaucoup trop élevée. Thomas est épuisé. Il est arrêté plusieurs semaines. Ce n’est pas bien grave, il se dit qu’il va se remettre. De retour au bureau, sa Direction semble s’inquiéter sincèrement de son état de santé et lui propose de piloter la création d’une école de formation interne. Thomas se jette à corps perdu dans ce projet dont il avait formulé l’idée quelque temps auparavant. Lorsqu’il prend conscience que c’est temporaire, il s’attache à aller au bout de sa mission malgré tout, vit une année 2016 terrible de souffrance morale. Et quand enfin il est remercié, il vit cela comme une libération.

Faire redémarrer le train de la vie en donnant du sens à son travail

Thomas bénéficie d’un accompagnement de plusieurs mois avec une société d’outplacement. Il travaille les pistes d’une reconversion comme coach, car il aime beaucoup les relations humaines, ou encore consultant dans son ancien domaine d’activité car il a une solide expérience. Mais au fur et à mesure des rencontres pour cadrer son projet professionnel, il réalise qu’il n’a plus envie d’endosser le costume du fameux cadre dynamique dans l’assurance. Il s’enferme et surfe sur internet, tape les mots clés « bonheur au travail », « sens au travail ». Il découvre le mouvement des colibris de Pierre Rabhi, la permaculture, l’économie sociale et solidaire, l’agriculture urbaine. Une lumière commence à s’allumer au fond de lui avec l’envie de se reconnecter à la terre.

En février 2017, Thomas participe à une conférence participative animée par Louis Gavériaux sur la permaculture. Il est bluffé par ce jeune homme qui pourrait être son fils et réussit à embarquer 60 personnes dans des réflexions et propositions innovantes alors qu’elles ne se connaissaient pas. Cette expérience le fait réfléchir. Son épouse l’encourage à retourner voir Louis. En avril 2017, Thomas l’aborde ainsi lors d’une conférence, « Dis-moi comment je peux mettre les mains dans la terre. » Louis emmène Thomas dans une vingtaine de chantiers participatifs. Il s’initie à la permaculture. Thomas est curieux et persévérant. Thomas commence à dessiner son projet professionnel : réunir la nature et l’entreprise qui donne du sens. Il dresse aussi le portrait de la personne idéale avec qui travailler, et ça ressemble fort à Louis. 

Une collaboration qui a du sens

De septembre à décembre 2018, Thomas et Louis testent leur collaboration. Pas simple de travailler avec quelqu’un qui est plus de deux fois plus jeune que vous : Le test est positif et ils décident de s’associer en janvier 2019. En mai de cette même année, ArbraCulture reçoit le 1er prix de la création d’entreprise du Lion’s Club, catégorie développement. Ils séduisent le jury avec leur histoire humaine, c’est un moment fort de leur collaboration.

Aujourd’hui, Thomas s’épanouit pleinement dans cette collaboration qui allie la transmission des compétences qu’il a acquises au fil de sa précédente carrière professionnelle et la nature à laquelle il avait tellement besoin de se reconnecter. Il est capable maintenant d’accueillir positivement le présent et s’en étonne encore chaque jour, lui qui était habitué à tout maîtriser sans jamais lâcher prise.

Rdv le 26 novembre pour la suite de l’article ! Abonnez-vous au blog et à la page Facebook pour être informés !

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